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Qui es-tu pour juger?
Quand vient le temps de définir son rôle ou d’exercer son “métier”, le critique se bute souvent à la question: “Qui es-tu pour juger?”.
Quel est le rôle du critique? Le défi – qu’aucun commentateur de la presse ou de la télévision n’atteint et même pas toujours dans les magazines spécialisés – est d’amener les gens sur le plan de l’Art et de la critique. Si la critique implique par un certain rapport au vide de retarder, de ralentir, de s’attarder, de fixer son attention sur un objet, comment y parvenir dans un monde en proie au déficit d’attention? Comment être “de son temps”, un temps ultra-rapide, et en tirer le nécessaire sans être happé par lui, en restant sur le plan critique? Comment faire des liens entre les deux plans et combiner les deux vitesses? Le critique serait donc encore et toujours un missionnaire, son but serait de sortir quelques disciples de l’enfer du bruit et de la brûlante actualité pour l’amener sur un plan calme où sont ordonnés quelques objets, appréciés, valorisés selon une durée, un contexte, une vie.
Le travail critique, c’est donc essayer de comprendre, d’analyser, d’expliquer: “Pourquoi trouvestu ce film intéressant alors que je n’y vois aucun intérêt?” Travail difficile, à la découverte d’autrui, à la découverte de soi, à la découverte de l’Art, au risque de se tromper. Le travail du critique et de l’artiste, c’est la recherche perpétuelle de saisir le Beau. Si tout se valait, les artistes ne sacrifieraient pas leur vie à la recherche du Beau, Téléfilms et la Société de Développement des Entreprises Culturelles (SODEC) financeraient les projets en tirant au sort dans un chapeau, et les gens iraient au cinéma en choisissant les films au hasard de leur temps libre, et ils seraient également satisfaits de tout ce qu’ils voient. Il n’y aurait plus lieu d’écrire sur les films ni d’en parler. Finalement l’Art disparaîtrait.
En y réfléchissant même un peu, on conçoit bien que du début à la fin tous les intermédiaires choisissent en fonction de leurs valeurs: institutions qui financent, distributeurs, scénaristes, acteurs, boîtes de pub, télévision, critiques, animateurs de radio, etc., chacun va faire des choix, juger et décider de s’associer ou non à tel film, ce qui au bout du compte donne un cinéma à l’image de la frange qui domine le milieu. Faire un film, écrire sur le cinéma, c’est donc positionner une petite image individuelle dans la grande image de ce que nous sommes comme communauté, c’est laisser passer ou refléter certains rayons d’influences et résister à d’autres.
Qui est donc le critique pour juger? Un critique de cinéma est un amateur de films qui cherche à saisir le Beau dans son mouvement perpétuel, parce que tant que les hommes seront là pour créer et faire de l’Art, la définition sera ouverte. Parce que tout ne se vaut pas, qu’il y aura toujours des imitations, des copies, des faux et des oeuvres sans intérêt qui à défaut d’être “dénoncés” doivent être différenciés des films qui apportent quelque chose de nouveau et qui comptent. C’est d’ailleurs ces films que le critique devrait d’abord et avant tout défendre. Si le critique ne veut pas essuyer une rebuffade, il ne doit pas se contenter d’établir une hiérarchie entre les films et d’imposer sa vision sommaire du cinéma en pensant que le public acquiescera devant la grandeur de ses connaissances. Il doit éviter les pièges séduisants de l’opinion et du snobisme (tu n’es pas du clan), remonter aux sources du travail de l’artiste et faire appel à l’intelligence du spectateur (ses valeurs, son esprit critique, son intuition). Le critique doit entraîner le spectateur sur son plan de la quête du Beau, par l’intuition et la lucidité.
ANTOINE GODIN www.horschamp.qc.ca
tant que les hommes seront là pour créer et faire de l’Art, la définition sera ouverte.
L’alternative qui présente un connecteur sémantiquement équivalent à tant que est:
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Qui es-tu pour juger?
Quand vient le temps de définir son rôle ou d’exercer son “métier”, le critique se bute souvent à la question: “Qui es-tu pour juger?”.
Quel est le rôle du critique? Le défi – qu’aucun commentateur de la presse ou de la télévision n’atteint et même pas toujours dans les magazines spécialisés – est d’amener les gens sur le plan de l’Art et de la critique. Si la critique implique par un certain rapport au vide de retarder, de ralentir, de s’attarder, de fixer son attention sur un objet, comment y parvenir dans un monde en proie au déficit d’attention? Comment être “de son temps”, un temps ultra-rapide, et en tirer le nécessaire sans être happé par lui, en restant sur le plan critique? Comment faire des liens entre les deux plans et combiner les deux vitesses? Le critique serait donc encore et toujours un missionnaire, son but serait de sortir quelques disciples de l’enfer du bruit et de la brûlante actualité pour l’amener sur un plan calme où sont ordonnés quelques objets, appréciés, valorisés selon une durée, un contexte, une vie.
Le travail critique, c’est donc essayer de comprendre, d’analyser, d’expliquer: “Pourquoi trouvestu ce film intéressant alors que je n’y vois aucun intérêt?” Travail difficile, à la découverte d’autrui, à la découverte de soi, à la découverte de l’Art, au risque de se tromper. Le travail du critique et de l’artiste, c’est la recherche perpétuelle de saisir le Beau. Si tout se valait, les artistes ne sacrifieraient pas leur vie à la recherche du Beau, Téléfilms et la Société de Développement des Entreprises Culturelles (SODEC) financeraient les projets en tirant au sort dans un chapeau, et les gens iraient au cinéma en choisissant les films au hasard de leur temps libre, et ils seraient également satisfaits de tout ce qu’ils voient. Il n’y aurait plus lieu d’écrire sur les films ni d’en parler. Finalement l’Art disparaîtrait.
En y réfléchissant même un peu, on conçoit bien que du début à la fin tous les intermédiaires choisissent en fonction de leurs valeurs: institutions qui financent, distributeurs, scénaristes, acteurs, boîtes de pub, télévision, critiques, animateurs de radio, etc., chacun va faire des choix, juger et décider de s’associer ou non à tel film, ce qui au bout du compte donne un cinéma à l’image de la frange qui domine le milieu. Faire un film, écrire sur le cinéma, c’est donc positionner une petite image individuelle dans la grande image de ce que nous sommes comme communauté, c’est laisser passer ou refléter certains rayons d’influences et résister à d’autres.
Qui est donc le critique pour juger? Un critique de cinéma est un amateur de films qui cherche à saisir le Beau dans son mouvement perpétuel, parce que tant que les hommes seront là pour créer et faire de l’Art, la définition sera ouverte. Parce que tout ne se vaut pas, qu’il y aura toujours des imitations, des copies, des faux et des oeuvres sans intérêt qui à défaut d’être “dénoncés” doivent être différenciés des films qui apportent quelque chose de nouveau et qui comptent. C’est d’ailleurs ces films que le critique devrait d’abord et avant tout défendre. Si le critique ne veut pas essuyer une rebuffade, il ne doit pas se contenter d’établir une hiérarchie entre les films et d’imposer sa vision sommaire du cinéma en pensant que le public acquiescera devant la grandeur de ses connaissances. Il doit éviter les pièges séduisants de l’opinion et du snobisme (tu n’es pas du clan), remonter aux sources du travail de l’artiste et faire appel à l’intelligence du spectateur (ses valeurs, son esprit critique, son intuition). Le critique doit entraîner le spectateur sur son plan de la quête du Beau, par l’intuition et la lucidité.
ANTOINE GODIN www.horschamp.qc.ca
Observez l’emploi du conditionnel dans les deux extraits ci-dessous:
Le critique serait donc encore et toujours un missionnaire,
les artistes ne sacrifieraient pas leur vie à la recherche du Beau,
L’effet produit par le choix de cette forme verbale dans chacune de ces phrases peut être décrit respectivement comme:
Provas
Qui es-tu pour juger?
Quand vient le temps de définir son rôle ou d’exercer son “métier”, le critique se bute souvent à la question: “Qui es-tu pour juger?”.
Quel est le rôle du critique? Le défi – qu’aucun commentateur de la presse ou de la télévision n’atteint et même pas toujours dans les magazines spécialisés – est d’amener les gens sur le plan de l’Art et de la critique. Si la critique implique par un certain rapport au vide de retarder, de ralentir, de s’attarder, de fixer son attention sur un objet, comment y parvenir dans un monde en proie au déficit d’attention? Comment être “de son temps”, un temps ultra-rapide, et en tirer le nécessaire sans être happé par lui, en restant sur le plan critique? Comment faire des liens entre les deux plans et combiner les deux vitesses? Le critique serait donc encore et toujours un missionnaire, son but serait de sortir quelques disciples de l’enfer du bruit et de la brûlante actualité pour l’amener sur un plan calme où sont ordonnés quelques objets, appréciés, valorisés selon une durée, un contexte, une vie.
Le travail critique, c’est donc essayer de comprendre, d’analyser, d’expliquer: “Pourquoi trouvestu ce film intéressant alors que je n’y vois aucun intérêt?” Travail difficile, à la découverte d’autrui, à la découverte de soi, à la découverte de l’Art, au risque de se tromper. Le travail du critique et de l’artiste, c’est la recherche perpétuelle de saisir le Beau. Si tout se valait, les artistes ne sacrifieraient pas leur vie à la recherche du Beau, Téléfilms et la Société de Développement des Entreprises Culturelles (SODEC) financeraient les projets en tirant au sort dans un chapeau, et les gens iraient au cinéma en choisissant les films au hasard de leur temps libre, et ils seraient également satisfaits de tout ce qu’ils voient. Il n’y aurait plus lieu d’écrire sur les films ni d’en parler. Finalement l’Art disparaîtrait.
En y réfléchissant même un peu, on conçoit bien que du début à la fin tous les intermédiaires choisissent en fonction de leurs valeurs: institutions qui financent, distributeurs, scénaristes, acteurs, boîtes de pub, télévision, critiques, animateurs de radio, etc., chacun va faire des choix, juger et décider de s’associer ou non à tel film, ce qui au bout du compte donne un cinéma à l’image de la frange qui domine le milieu. Faire un film, écrire sur le cinéma, c’est donc positionner une petite image individuelle dans la grande image de ce que nous sommes comme communauté, c’est laisser passer ou refléter certains rayons d’influences et résister à d’autres.
Qui est donc le critique pour juger? Un critique de cinéma est un amateur de films qui cherche à saisir le Beau dans son mouvement perpétuel, parce que tant que les hommes seront là pour créer et faire de l’Art, la définition sera ouverte. Parce que tout ne se vaut pas, qu’il y aura toujours des imitations, des copies, des faux et des oeuvres sans intérêt qui à défaut d’être “dénoncés” doivent être différenciés des films qui apportent quelque chose de nouveau et qui comptent. C’est d’ailleurs ces films que le critique devrait d’abord et avant tout défendre. Si le critique ne veut pas essuyer une rebuffade, il ne doit pas se contenter d’établir une hiérarchie entre les films et d’imposer sa vision sommaire du cinéma en pensant que le public acquiescera devant la grandeur de ses connaissances. Il doit éviter les pièges séduisants de l’opinion et du snobisme (tu n’es pas du clan), remonter aux sources du travail de l’artiste et faire appel à l’intelligence du spectateur (ses valeurs, son esprit critique, son intuition). Le critique doit entraîner le spectateur sur son plan de la quête du Beau, par l’intuition et la lucidité.
ANTOINE GODIN www.horschamp.qc.ca
comment y parvenir dans un monde en proie au déficit d’attention?
L’expression soulignée peut être remplacée sans changement important de sens par:
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Qui es-tu pour juger?
Quand vient le temps de définir son rôle ou d’exercer son “métier”, le critique se bute souvent à la question: “Qui es-tu pour juger?”.
Quel est le rôle du critique? Le défi – qu’aucun commentateur de la presse ou de la télévision n’atteint et même pas toujours dans les magazines spécialisés – est d’amener les gens sur le plan de l’Art et de la critique. Si la critique implique par un certain rapport au vide de retarder, de ralentir, de s’attarder, de fixer son attention sur un objet, comment y parvenir dans un monde en proie au déficit d’attention? Comment être “de son temps”, un temps ultra-rapide, et en tirer le nécessaire sans être happé par lui, en restant sur le plan critique? Comment faire des liens entre les deux plans et combiner les deux vitesses? Le critique serait donc encore et toujours un missionnaire, son but serait de sortir quelques disciples de l’enfer du bruit et de la brûlante actualité pour l’amener sur un plan calme où sont ordonnés quelques objets, appréciés, valorisés selon une durée, un contexte, une vie.
Le travail critique, c’est donc essayer de comprendre, d’analyser, d’expliquer: “Pourquoi trouvestu ce film intéressant alors que je n’y vois aucun intérêt?” Travail difficile, à la découverte d’autrui, à la découverte de soi, à la découverte de l’Art, au risque de se tromper. Le travail du critique et de l’artiste, c’est la recherche perpétuelle de saisir le Beau. Si tout se valait, les artistes ne sacrifieraient pas leur vie à la recherche du Beau, Téléfilms et la Société de Développement des Entreprises Culturelles (SODEC) financeraient les projets en tirant au sort dans un chapeau, et les gens iraient au cinéma en choisissant les films au hasard de leur temps libre, et ils seraient également satisfaits de tout ce qu’ils voient. Il n’y aurait plus lieu d’écrire sur les films ni d’en parler. Finalement l’Art disparaîtrait.
En y réfléchissant même un peu, on conçoit bien que du début à la fin tous les intermédiaires choisissent en fonction de leurs valeurs: institutions qui financent, distributeurs, scénaristes, acteurs, boîtes de pub, télévision, critiques, animateurs de radio, etc., chacun va faire des choix, juger et décider de s’associer ou non à tel film, ce qui au bout du compte donne un cinéma à l’image de la frange qui domine le milieu. Faire un film, écrire sur le cinéma, c’est donc positionner une petite image individuelle dans la grande image de ce que nous sommes comme communauté, c’est laisser passer ou refléter certains rayons d’influences et résister à d’autres.
Qui est donc le critique pour juger? Un critique de cinéma est un amateur de films qui cherche à saisir le Beau dans son mouvement perpétuel, parce que tant que les hommes seront là pour créer et faire de l’Art, la définition sera ouverte. Parce que tout ne se vaut pas, qu’il y aura toujours des imitations, des copies, des faux et des oeuvres sans intérêt qui à défaut d’être “dénoncés” doivent être différenciés des films qui apportent quelque chose de nouveau et qui comptent. C’est d’ailleurs ces films que le critique devrait d’abord et avant tout défendre. Si le critique ne veut pas essuyer une rebuffade, il ne doit pas se contenter d’établir une hiérarchie entre les films et d’imposer sa vision sommaire du cinéma en pensant que le public acquiescera devant la grandeur de ses connaissances. Il doit éviter les pièges séduisants de l’opinion et du snobisme (tu n’es pas du clan), remonter aux sources du travail de l’artiste et faire appel à l’intelligence du spectateur (ses valeurs, son esprit critique, son intuition). Le critique doit entraîner le spectateur sur son plan de la quête du Beau, par l’intuition et la lucidité.
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Le troisième paragraphe se conclut par un raisonnement hypothétique concernant l’importance de l’Art.
Les hypothèses formulées par l’auteur contribuent à la production d’une:
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L’art de la différence ou l’unicité dans la diversité
A l’heure où les questions d’identité, d’altérité, de pluriethnisme, de multiculturalisme, d’exil, d’exclusion, de frontière sont régulièrement débattues, L’art de la différence - thème de la Triennale d’art contemporain en Valais, Suisse - est plus que jamais d’actualité.
Peut-être convient-il en premier lieu de s’interroger sur ce que signifie “différence”. Cette notion apparaît comme éminemment complexe et relative. Elle exige, pour être appréhendée, d’être rapportée à un terme référent à partir duquel peut être saisi l’écart qu’elle désigne. Et lorsqu’il s’agit de comprendre la différence en ce qu’elle est, la question de la norme ou de la normalité est centrale, mais encore serait-il nécessaire de préciser d’où cette norme tire sa légitimité.
En nous penchant sur l’histoire des hommes, nous constatons qu’elle se construit sur la variation des acceptions de la notion de différence. Dans les représentations de la Grèce ancienne, celle-ci porte notamment sur l’inégalité des sexes. Ainsi la femme est tantôt confinée à l’univers domestique, tantôt associée à des figures sauvages et étrangères à l’ordre social: ménades1, amazones. Dans les cités grecques, et jusque dans le modèle de la démocratie athénienne, la femme n’accède pas plus que les métèques2 aux droits civiques. Son rôle et son statut social sont très codifiés. La différence se révèle alors voisine de l’exclusion.
Au fil des époques successives, d’autres domaines sont également marqués par ce concept de différence. On peut citer pour exemple le dix-neuvième siècle, période d’expansion coloniale massive au cours de laquelle les Européens en viennent à exercer leur domination sur un grand nombre de pays et de peuples. Cette conquête s’accompagne d’une découverte de l’Autre, et la photographie témoigne de cette confrontation entre civilisations. Elle fait découvrir, à une Europe curieuse, des contrées nouvelles, des peuples de différentes cultures. Cette accumulation d’images annonce les débuts de l’ethnographie. Ces clichés d’abord conçus comme souvenirs touristiques deviennent bientôt l’outil de prédilection des anthropologues et des ethnologues soucieux de mesurer, de définir et de répertorier les différents types d’individus, étant persuadés de la réalité d’une hiérarchie raciale.
Mais si ces scientifiques, de par leurs expériences des peuples les plus éloignés de leur civilisation, rapportent des preuves de la surprenante diversité des modes de vie selon que l’on est aborigène d’Australie, Bororo3 ou Bushman4, les artistes adoptent une attitude autre. Pour ces derniers, l’exotisme ne consiste pas à rendre compréhensible ce qui est différent mais, au contraire, à rendre insolite ce qui est familier. Tandis que les anthropologues réfléchissent sur l’hétérogénéité humaine, les créateurs interrogent notamment notre propre complexité.
En effet, au carrefour des diversités infinies, “l’essentiel de l’art n’est pas la beauté, mais l’altérité. Il dit la présence du présent comme énigme et porte la pensée à sa crête; sa visée propre est de provoquer la présence de tout présent dans son altérité irréductible, il accomplit l’expérience de l’autre comme autre et de moi-même comme autre”, selon Marc Le Bot. Offerte aux témoins actifs que nous sommes, la création mêle intime et social, individuel et collectif, privé et public, émoi et mémoire, dissemblance et ressemblance. C’est par-delà toutes différences que doit se concevoir et se réaliser l’unité du genre humain. L’art de la différence induit ainsi l’affirmation revendiquée de l’égalité dans la diversité.
JULIA HOUNTOU
exporevue.com
1 ménade - na mitologia grega, ninfa que participava das festas de Baco
2 métèque - em Atenas, estrangeiro que não tinha o direito de cidadania
3 Bororo - grupo indígena de Mato Grosso
4 Bushman - grupos indígenas da África Meridional
Les scientifiques et les artistes traitent différemment le thème de l’exotisme.
Pour les artistes, l’exotique peut être identifié dans:
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L’art de la différence ou l’unicité dans la diversité
A l’heure où les questions d’identité, d’altérité, de pluriethnisme, de multiculturalisme, d’exil, d’exclusion, de frontière sont régulièrement débattues, L’art de la différence - thème de la Triennale d’art contemporain en Valais, Suisse - est plus que jamais d’actualité.
Peut-être convient-il en premier lieu de s’interroger sur ce que signifie “différence”. Cette notion apparaît comme éminemment complexe et relative. Elle exige, pour être appréhendée, d’être rapportée à un terme référent à partir duquel peut être saisi l’écart qu’elle désigne. Et lorsqu’il s’agit de comprendre la différence en ce qu’elle est, la question de la norme ou de la normalité est centrale, mais encore serait-il nécessaire de préciser d’où cette norme tire sa légitimité.
En nous penchant sur l’histoire des hommes, nous constatons qu’elle se construit sur la variation des acceptions de la notion de différence. Dans les représentations de la Grèce ancienne, celle-ci porte notamment sur l’inégalité des sexes. Ainsi la femme est tantôt confinée à l’univers domestique, tantôt associée à des figures sauvages et étrangères à l’ordre social: ménades1, amazones. Dans les cités grecques, et jusque dans le modèle de la démocratie athénienne, la femme n’accède pas plus que les métèques2 aux droits civiques. Son rôle et son statut social sont très codifiés. La différence se révèle alors voisine de l’exclusion.
Au fil des époques successives, d’autres domaines sont également marqués par ce concept de différence. On peut citer pour exemple le dix-neuvième siècle, période d’expansion coloniale massive au cours de laquelle les Européens en viennent à exercer leur domination sur un grand nombre de pays et de peuples. Cette conquête s’accompagne d’une découverte de l’Autre, et la photographie témoigne de cette confrontation entre civilisations. Elle fait découvrir, à une Europe curieuse, des contrées nouvelles, des peuples de différentes cultures. Cette accumulation d’images annonce les débuts de l’ethnographie. Ces clichés d’abord conçus comme souvenirs touristiques deviennent bientôt l’outil de prédilection des anthropologues et des ethnologues soucieux de mesurer, de définir et de répertorier les différents types d’individus, étant persuadés de la réalité d’une hiérarchie raciale.
Mais si ces scientifiques, de par leurs expériences des peuples les plus éloignés de leur civilisation, rapportent des preuves de la surprenante diversité des modes de vie selon que l’on est aborigène d’Australie, Bororo3 ou Bushman4, les artistes adoptent une attitude autre. Pour ces derniers, l’exotisme ne consiste pas à rendre compréhensible ce qui est différent mais, au contraire, à rendre insolite ce qui est familier. Tandis que les anthropologues réfléchissent sur l’hétérogénéité humaine, les créateurs interrogent notamment notre propre complexité.
En effet, au carrefour des diversités infinies, “l’essentiel de l’art n’est pas la beauté, mais l’altérité. Il dit la présence du présent comme énigme et porte la pensée à sa crête; sa visée propre est de provoquer la présence de tout présent dans son altérité irréductible, il accomplit l’expérience de l’autre comme autre et de moi-même comme autre”, selon Marc Le Bot. Offerte aux témoins actifs que nous sommes, la création mêle intime et social, individuel et collectif, privé et public, émoi et mémoire, dissemblance et ressemblance. C’est par-delà toutes différences que doit se concevoir et se réaliser l’unité du genre humain. L’art de la différence induit ainsi l’affirmation revendiquée de l’égalité dans la diversité.
JULIA HOUNTOU
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1 ménade - na mitologia grega, ninfa que participava das festas de Baco
2 métèque - em Atenas, estrangeiro que não tinha o direito de cidadania
3 Bororo - grupo indígena de Mato Grosso
4 Bushman - grupos indígenas da África Meridional
La métaphore est un procédé de langage basé sur la comparaison implicite de deux expressions.
L’extrait qui présente une forme verbale à valeur métaphorique est:
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L’art de la différence ou l’unicité dans la diversité
A l’heure où les questions d’identité, d’altérité, de pluriethnisme, de multiculturalisme, d’exil, d’exclusion, de frontière sont régulièrement débattues, L’art de la différence - thème de la Triennale d’art contemporain en Valais, Suisse - est plus que jamais d’actualité.
Peut-être convient-il en premier lieu de s’interroger sur ce que signifie “différence”. Cette notion apparaît comme éminemment complexe et relative. Elle exige, pour être appréhendée, d’être rapportée à un terme référent à partir duquel peut être saisi l’écart qu’elle désigne. Et lorsqu’il s’agit de comprendre la différence en ce qu’elle est, la question de la norme ou de la normalité est centrale, mais encore serait-il nécessaire de préciser d’où cette norme tire sa légitimité.
En nous penchant sur l’histoire des hommes, nous constatons qu’elle se construit sur la variation des acceptions de la notion de différence. Dans les représentations de la Grèce ancienne, celle-ci porte notamment sur l’inégalité des sexes. Ainsi la femme est tantôt confinée à l’univers domestique, tantôt associée à des figures sauvages et étrangères à l’ordre social: ménades1, amazones. Dans les cités grecques, et jusque dans le modèle de la démocratie athénienne, la femme n’accède pas plus que les métèques2 aux droits civiques. Son rôle et son statut social sont très codifiés. La différence se révèle alors voisine de l’exclusion.
Au fil des époques successives, d’autres domaines sont également marqués par ce concept de différence. On peut citer pour exemple le dix-neuvième siècle, période d’expansion coloniale massive au cours de laquelle les Européens en viennent à exercer leur domination sur un grand nombre de pays et de peuples. Cette conquête s’accompagne d’une découverte de l’Autre, et la photographie témoigne de cette confrontation entre civilisations. Elle fait découvrir, à une Europe curieuse, des contrées nouvelles, des peuples de différentes cultures. Cette accumulation d’images annonce les débuts de l’ethnographie. Ces clichés d’abord conçus comme souvenirs touristiques deviennent bientôt l’outil de prédilection des anthropologues et des ethnologues soucieux de mesurer, de définir et de répertorier les différents types d’individus, étant persuadés de la réalité d’une hiérarchie raciale.
Mais si ces scientifiques, de par leurs expériences des peuples les plus éloignés de leur civilisation, rapportent des preuves de la surprenante diversité des modes de vie selon que l’on est aborigène d’Australie, Bororo3 ou Bushman4, les artistes adoptent une attitude autre. Pour ces derniers, l’exotisme ne consiste pas à rendre compréhensible ce qui est différent mais, au contraire, à rendre insolite ce qui est familier. Tandis que les anthropologues réfléchissent sur l’hétérogénéité humaine, les créateurs interrogent notamment notre propre complexité.
En effet, au carrefour des diversités infinies, “l’essentiel de l’art n’est pas la beauté, mais l’altérité. Il dit la présence du présent comme énigme et porte la pensée à sa crête; sa visée propre est de provoquer la présence de tout présent dans son altérité irréductible, il accomplit l’expérience de l’autre comme autre et de moi-même comme autre”, selon Marc Le Bot. Offerte aux témoins actifs que nous sommes, la création mêle intime et social, individuel et collectif, privé et public, émoi et mémoire, dissemblance et ressemblance. C’est par-delà toutes différences que doit se concevoir et se réaliser l’unité du genre humain. L’art de la différence induit ainsi l’affirmation revendiquée de l’égalité dans la diversité.
JULIA HOUNTOU
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1 ménade - na mitologia grega, ninfa que participava das festas de Baco
2 métèque - em Atenas, estrangeiro que não tinha o direito de cidadania
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Tout énoncé présente une dimension référentielle et aussi une position de l’auteur par rapport à ce qui est dit.
Observez l’extrait suivant:
Peut-être convient-il en premier lieu de s’interroger sur ce que signifie “différence”.
La position prise par l’auteur pour parler de la différence peut être définie comme:
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L’art de la différence ou l’unicité dans la diversité
A l’heure où les questions d’identité, d’altérité, de pluriethnisme, de multiculturalisme, d’exil, d’exclusion, de frontière sont régulièrement débattues, L’art de la différence - thème de la Triennale d’art contemporain en Valais, Suisse - est plus que jamais d’actualité.
Peut-être convient-il en premier lieu de s’interroger sur ce que signifie “différence”. Cette notion apparaît comme éminemment complexe et relative. Elle exige, pour être appréhendée, d’être rapportée à un terme référent à partir duquel peut être saisi l’écart qu’elle désigne. Et lorsqu’il s’agit de comprendre la différence en ce qu’elle est, la question de la norme ou de la normalité est centrale, mais encore serait-il nécessaire de préciser d’où cette norme tire sa légitimité.
En nous penchant sur l’histoire des hommes, nous constatons qu’elle se construit sur la variation des acceptions de la notion de différence. Dans les représentations de la Grèce ancienne, celle-ci porte notamment sur l’inégalité des sexes. Ainsi la femme est tantôt confinée à l’univers domestique, tantôt associée à des figures sauvages et étrangères à l’ordre social: ménades1, amazones. Dans les cités grecques, et jusque dans le modèle de la démocratie athénienne, la femme n’accède pas plus que les métèques2 aux droits civiques. Son rôle et son statut social sont très codifiés. La différence se révèle alors voisine de l’exclusion.
Au fil des époques successives, d’autres domaines sont également marqués par ce concept de différence. On peut citer pour exemple le dix-neuvième siècle, période d’expansion coloniale massive au cours de laquelle les Européens en viennent à exercer leur domination sur un grand nombre de pays et de peuples. Cette conquête s’accompagne d’une découverte de l’Autre, et la photographie témoigne de cette confrontation entre civilisations. Elle fait découvrir, à une Europe curieuse, des contrées nouvelles, des peuples de différentes cultures. Cette accumulation d’images annonce les débuts de l’ethnographie. Ces clichés d’abord conçus comme souvenirs touristiques deviennent bientôt l’outil de prédilection des anthropologues et des ethnologues soucieux de mesurer, de définir et de répertorier les différents types d’individus, étant persuadés de la réalité d’une hiérarchie raciale.
Mais si ces scientifiques, de par leurs expériences des peuples les plus éloignés de leur civilisation, rapportent des preuves de la surprenante diversité des modes de vie selon que l’on est aborigène d’Australie, Bororo3 ou Bushman4, les artistes adoptent une attitude autre. Pour ces derniers, l’exotisme ne consiste pas à rendre compréhensible ce qui est différent mais, au contraire, à rendre insolite ce qui est familier. Tandis que les anthropologues réfléchissent sur l’hétérogénéité humaine, les créateurs interrogent notamment notre propre complexité.
En effet, au carrefour des diversités infinies, “l’essentiel de l’art n’est pas la beauté, mais l’altérité. Il dit la présence du présent comme énigme et porte la pensée à sa crête; sa visée propre est de provoquer la présence de tout présent dans son altérité irréductible, il accomplit l’expérience de l’autre comme autre et de moi-même comme autre”, selon Marc Le Bot. Offerte aux témoins actifs que nous sommes, la création mêle intime et social, individuel et collectif, privé et public, émoi et mémoire, dissemblance et ressemblance. C’est par-delà toutes différences que doit se concevoir et se réaliser l’unité du genre humain. L’art de la différence induit ainsi l’affirmation revendiquée de l’égalité dans la diversité.
JULIA HOUNTOU
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1 ménade - na mitologia grega, ninfa que participava das festas de Baco
2 métèque - em Atenas, estrangeiro que não tinha o direito de cidadania
3 Bororo - grupo indígena de Mato Grosso
4 Bushman - grupos indígenas da África Meridional
Les pronoms peuvent être utilisés pour remplacer un mot ou une expression.
Dans le texte, la forme pronominale celle-ci substitue l’expression suivante:
Provas
L’art de la différence ou l’unicité dans la diversité
A l’heure où les questions d’identité, d’altérité, de pluriethnisme, de multiculturalisme, d’exil, d’exclusion, de frontière sont régulièrement débattues, L’art de la différence - thème de la Triennale d’art contemporain en Valais, Suisse - est plus que jamais d’actualité.
Peut-être convient-il en premier lieu de s’interroger sur ce que signifie “différence”. Cette notion apparaît comme éminemment complexe et relative. Elle exige, pour être appréhendée, d’être rapportée à un terme référent à partir duquel peut être saisi l’écart qu’elle désigne. Et lorsqu’il s’agit de comprendre la différence en ce qu’elle est, la question de la norme ou de la normalité est centrale, mais encore serait-il nécessaire de préciser d’où cette norme tire sa légitimité.
En nous penchant sur l’histoire des hommes, nous constatons qu’elle se construit sur la variation des acceptions de la notion de différence. Dans les représentations de la Grèce ancienne, celle-ci porte notamment sur l’inégalité des sexes. Ainsi la femme est tantôt confinée à l’univers domestique, tantôt associée à des figures sauvages et étrangères à l’ordre social: ménades1, amazones. Dans les cités grecques, et jusque dans le modèle de la démocratie athénienne, la femme n’accède pas plus que les métèques2 aux droits civiques. Son rôle et son statut social sont très codifiés. La différence se révèle alors voisine de l’exclusion.
Au fil des époques successives, d’autres domaines sont également marqués par ce concept de différence. On peut citer pour exemple le dix-neuvième siècle, période d’expansion coloniale massive au cours de laquelle les Européens en viennent à exercer leur domination sur un grand nombre de pays et de peuples. Cette conquête s’accompagne d’une découverte de l’Autre, et la photographie témoigne de cette confrontation entre civilisations. Elle fait découvrir, à une Europe curieuse, des contrées nouvelles, des peuples de différentes cultures. Cette accumulation d’images annonce les débuts de l’ethnographie. Ces clichés d’abord conçus comme souvenirs touristiques deviennent bientôt l’outil de prédilection des anthropologues et des ethnologues soucieux de mesurer, de définir et de répertorier les différents types d’individus, étant persuadés de la réalité d’une hiérarchie raciale.
Mais si ces scientifiques, de par leurs expériences des peuples les plus éloignés de leur civilisation, rapportent des preuves de la surprenante diversité des modes de vie selon que l’on est aborigène d’Australie, Bororo3 ou Bushman4, les artistes adoptent une attitude autre. Pour ces derniers, l’exotisme ne consiste pas à rendre compréhensible ce qui est différent mais, au contraire, à rendre insolite ce qui est familier. Tandis que les anthropologues réfléchissent sur l’hétérogénéité humaine, les créateurs interrogent notamment notre propre complexité.
En effet, au carrefour des diversités infinies, “l’essentiel de l’art n’est pas la beauté, mais l’altérité. Il dit la présence du présent comme énigme et porte la pensée à sa crête; sa visée propre est de provoquer la présence de tout présent dans son altérité irréductible, il accomplit l’expérience de l’autre comme autre et de moi-même comme autre”, selon Marc Le Bot. Offerte aux témoins actifs que nous sommes, la création mêle intime et social, individuel et collectif, privé et public, émoi et mémoire, dissemblance et ressemblance. C’est par-delà toutes différences que doit se concevoir et se réaliser l’unité du genre humain. L’art de la différence induit ainsi l’affirmation revendiquée de l’égalité dans la diversité.
JULIA HOUNTOU
exporevue.com
1 ménade - na mitologia grega, ninfa que participava das festas de Baco
2 métèque - em Atenas, estrangeiro que não tinha o direito de cidadania
3 Bororo - grupo indígena de Mato Grosso
4 Bushman - grupos indígenas da África Meridional
Dans le dernier paragraphe, l’auteur présente son point de vue sur le rôle de l’altérité dans l’art.
L’alternative qui résume ce point de vue est:
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L’art de la différence ou l’unicité dans la diversité
A l’heure où les questions d’identité, d’altérité, de pluriethnisme, de multiculturalisme, d’exil, d’exclusion, de frontière sont régulièrement débattues, L’art de la différence - thème de la Triennale d’art contemporain en Valais, Suisse - est plus que jamais d’actualité.
Peut-être convient-il en premier lieu de s’interroger sur ce que signifie “différence”. Cette notion apparaît comme éminemment complexe et relative. Elle exige, pour être appréhendée, d’être rapportée à un terme référent à partir duquel peut être saisi l’écart qu’elle désigne. Et lorsqu’il s’agit de comprendre la différence en ce qu’elle est, la question de la norme ou de la normalité est centrale, mais encore serait-il nécessaire de préciser d’où cette norme tire sa légitimité.
En nous penchant sur l’histoire des hommes, nous constatons qu’elle se construit sur la variation des acceptions de la notion de différence. Dans les représentations de la Grèce ancienne, celle-ci porte notamment sur l’inégalité des sexes. Ainsi la femme est tantôt confinée à l’univers domestique, tantôt associée à des figures sauvages et étrangères à l’ordre social: ménades1, amazones. Dans les cités grecques, et jusque dans le modèle de la démocratie athénienne, la femme n’accède pas plus que les métèques2 aux droits civiques. Son rôle et son statut social sont très codifiés. La différence se révèle alors voisine de l’exclusion.
Au fil des époques successives, d’autres domaines sont également marqués par ce concept de différence. On peut citer pour exemple le dix-neuvième siècle, période d’expansion coloniale massive au cours de laquelle les Européens en viennent à exercer leur domination sur un grand nombre de pays et de peuples. Cette conquête s’accompagne d’une découverte de l’Autre, et la photographie témoigne de cette confrontation entre civilisations. Elle fait découvrir, à une Europe curieuse, des contrées nouvelles, des peuples de différentes cultures. Cette accumulation d’images annonce les débuts de l’ethnographie. Ces clichés d’abord conçus comme souvenirs touristiques deviennent bientôt l’outil de prédilection des anthropologues et des ethnologues soucieux de mesurer, de définir et de répertorier les différents types d’individus, étant persuadés de la réalité d’une hiérarchie raciale.
Mais si ces scientifiques, de par leurs expériences des peuples les plus éloignés de leur civilisation, rapportent des preuves de la surprenante diversité des modes de vie selon que l’on est aborigène d’Australie, Bororo3 ou Bushman4, les artistes adoptent une attitude autre. Pour ces derniers, l’exotisme ne consiste pas à rendre compréhensible ce qui est différent mais, au contraire, à rendre insolite ce qui est familier. Tandis que les anthropologues réfléchissent sur l’hétérogénéité humaine, les créateurs interrogent notamment notre propre complexité.
En effet, au carrefour des diversités infinies, “l’essentiel de l’art n’est pas la beauté, mais l’altérité. Il dit la présence du présent comme énigme et porte la pensée à sa crête; sa visée propre est de provoquer la présence de tout présent dans son altérité irréductible, il accomplit l’expérience de l’autre comme autre et de moi-même comme autre”, selon Marc Le Bot. Offerte aux témoins actifs que nous sommes, la création mêle intime et social, individuel et collectif, privé et public, émoi et mémoire, dissemblance et ressemblance. C’est par-delà toutes différences que doit se concevoir et se réaliser l’unité du genre humain. L’art de la différence induit ainsi l’affirmation revendiquée de l’égalité dans la diversité.
JULIA HOUNTOU
exporevue.com
1 ménade - na mitologia grega, ninfa que participava das festas de Baco
2 métèque - em Atenas, estrangeiro que não tinha o direito de cidadania
3 Bororo - grupo indígena de Mato Grosso
4 Bushman - grupos indígenas da África Meridional
Au troisième paragraphe, l’auteur affirme que la notion de différence est variable historiquement.
Pour soutenir cette thèse, il a recours à deux stratégies argumentatives centrales, qui peuvent être identifiées dans l’alternative suivante:
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